L'importance d'un pessimiste professionnel

Les entrepreneurs sont doués de cet infatigable optimisme qui leur fait toujours entrevoir les opportunités nouvelles. Cependant, il est au moins aussi important d'évaluer correctement chaque risque potentiel dont s'assortit une nouvelle opportunité. Faute de quoi, le drame financier n'est souvent pas bien loin. En ma qualité de courtier en assurances, nous sommes le pessimiste professionnel chargé d'attirer l'attention de l'entrepreneur sur les risques qu'il court.

L’importance d’un pessimiste professionnel

Bien que nous ayons le titre de « courtier en assurances », il serait plus correct de nous considérer comme des consultants en risques. Car c’est précisément ce que nous faisons: inventorier un maximum de scénarios catastrophes et en informer l’entrepreneur. Lui-même, il ne voit généralement que le scénario le plus optimiste. Cette mentalité positive n’est pas seulement le propre de l’entrepreneuriat, elle est aussi une condition indispensable à l’innovation. C’est donc à nous d’attirer l’attention de l’entrepreneur sur les éléments susceptibles de compromettre la réalisation de ses objectifs.

Un risque pertinent n’est pas forcément une évidence. Il peut être important ou réduit, se produire fréquemment ou rarement, et avoir un impact restreint ou profond. Les mesures qui sont prises en tiennent compte. Un risque qui se produit fréquemment requiert des mesures directes. Mais s’il se manifeste rarement, il vaut la peine d’en évaluer l’impact potentiel. Prenons l’exemple d’un incendie: la probabilité est faible, mais les conséquences sont énormes. Un incendie peut anéantir en un rien de temps tous les projets d’une personne. Dans un tel cas, il faut prendre des mesures permettant de minimiser l’impact. Bref, notre mission de consultant en risques consiste à offrir des solutions pour les risques réels afin que l’entrepreneur puisse dormir sur ses deux oreilles.

Un regard lucide et réaliste

Nous tempérons l’optimisme de l’entrepreneur en lui opposant un réalisme sain. Nous lui posons pour ce faire quelques questions spécifiques. Dans notre rôle de consultant en risques — ou, mieux: de pessimiste professionnel —, nous le confrontons à un scénario résolument pessimiste.

Par exemple:
Une entreprise alimentaire s’assure contre la perte d’exploitation, laquelle peut par exemple résulter d’un incendie. La garantie que nous proposons offre au gérant la certitude que si le risque survient, il percevra un montant qui couvrira au moins les frais fixes. De cette manière, il pourra — en cas de calamité — se concentrer entièrement sur la reconstruction. Mais qu’adviendra-t-il si nous ne l’avons pas suffisamment mis en garde et qu’il a opté pour une période d’indemnisation de 12 mois alors que la reconstruction nécessite deux ans de travaux?

Afin de bien inventorier les risques, nous allons poser au préalable un certain nombre de questions standard au dirigeant d’entreprise. Par exemple: qu’adviendra-t-il s’il doit se mettre en quête d’un nouveau bâtiment, alors qu’il y a pénurie sur le marché ? Et s’il ne trouve pas de machines d’occasion pour remplacer son infrastructure endommagée ? Que fera-t-il si les autorisations et permis requis se font attendre?

À travers ces questions standard, nous obligeons l’entrepreneur à faire preuve de réalisme. Il est aussi important de garder à l’esprit que tous les risques ne peuvent pas être couverts au moyen d’une assurance. Certains aspects ne se prêtent à aucune assurance, comme les dommages existants ou le succès d’un produit.

Cyber-risques: un danger sous-estimé

Vanbreda Risk & Benefits gère plus de 30 000 sinistres par an. Nous sommes donc bien placés pour appréhender les risques que l’entrepreneur lui-même considère comme insignifiants. Ou pour attirer son attention sur des dangers dont il n’a pas encore conscience.

Les cyber-risques relèvent de cette dernière catégorie. La plupart des clients n’en ont jamais vraiment subi de préjudice. Et pourtant, ils ont déjà été victimes de nombreuses attaques, souvent sans même s’en apercevoir. D’autres fois, des concurrents ont été confrontés à des cybercriminels, mais ont veillé à ce que la presse ne relaie pas l’information. Les autres entrepreneurs du secteur ont ainsi encore davantage le sentiment d’être intouchables. Même lorsqu’on attire leur attention sur les risques potentiels. N’ayant jamais été victime d’attaques de ce genre, l’entrepreneur voit moins l’utilité d’une cyberassurance.

Voilà qui nous amène à une erreur de raisonnement très fréquente: l’entrepreneur se base sur ce qu’il sait du passé, alors qu’il devrait penser à l’avenir. Pour revenir à l’exemple de la cybercriminalité: la numérisation ne cesse de gagner du terrain. Le risque qu’un entrepreneur soit tôt ou tard victime d’une cyberattaque est donc bien réel. En notre qualité de leader du marché, nous percevons mieux que quiconque, et dans de nombreux domaines, les nouvelles tendances de notre monde de l’assurance en pleine évolution. Nos experts y répondent en développant des produits innovants permettant de couvrir ou de limiter les risques nouveaux et futurs.

Une réflexion pour terminer: nous pouvons informer un entrepreneur des risques qu’il court, mais c’est toujours à lui de décider de la suite qu’il donne à nos mises en garde. Certains disent: « je suis conscient de ce risque et je m’en accommoderai. ». Et c’est vrai. Mais au moins, un pessimiste professionnel les a informés des risques potentiels qui les guettent…

Christel Kiebzak
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