Risques de continuité dans le secteur agroalimentaire : le changement climatique (3/4)

Alors que par le passé, la plupart des risques d’activité survenaient au sein d’une entreprise, 90 % de ceux-ci sont aujourd’hui liés à des facteurs extérieurs. Cette tendance s’applique également aux entreprises agroalimentaires. Une assurance créée sur mesure en fonctions des risques de votre entreprise combinée à un Business Continuity Plan (BCP) permet d’apporter une certaine sérénité. Mais quels sont aujourd’hui les risques les plus probables qui guettent les entreprises agroalimentaires ?

Risques de continuité dans le secteur agroalimentaire : le changement climatique (3/4)

Ce mois-ci, nous vous présentons chaque semaine un risque susceptible d’avoir un impact significatif sur le fonctionnement de votre entreprise. Nous avons déjà abordé le risque d’incendie et le risque lié à la cybercriminalité. Cette semaine, nous allons nous pencher sur l’un des sujets les plus en vue en 2019 : le changement climatique. Comment vous assurer contre l’impact de l’évolution du climat sur le fonctionnement de votre entreprise ? Découvrez-le dans la troisième partie de notre série consacrée aux risques de continuité.

Quel est l’impact du changement climatique sur le secteur agroalimentaire ?

Ces dernières années, nous avons constaté une augmentation des conditions météorologiques extrêmes, à la fois en ce qui concerne les températures et les précipitations. L’évolution du climat engendre des risques accrus pour les entreprises du secteur agroalimentaire.

Quelques exemples actuels :

  • Une tempête inonde les cultures ou les anéantit complètement. Les gelées nocturnes peuvent également causer d’énormes dégâts. Les dommages liés aux gelées nocturnes ont par exemple provoqué une baisse de 70 % des récoltes de pommes en 2017.
  • Une sécheresse prolongée en été peut mener à une diminution ou même à une suppression des récoltes.
  • Les coûts pour les marchés de gros et les entreprises agroalimentaires peuvent augmenter à cause de fluctuations de prix liées à une pénurie sur le marché. Cet effet est renforcé s’ils ont conclu des contrats fixes avec leurs clients, autant pour le volume que pour les prix.
  • Certaines entreprises de transformation alimentaire sont dépendantes de la livraison de récoltes de haute qualité. Une mauvaise saison peut engendrer une pénurie de ces matières premières et mener à une perte de chiffre d’affaires.
  • Les résultats financiers des producteurs et des distributeurs de denrées alimentaires et de boissons sont parfois intrinsèquement liés à la température. Un été frais exerce une influence considérable sur la consommation de boissons rafraîchissantes et de glaces. La vente de café et de soupe suit la même tendance en cas d’hiver doux.

La météo et la nature sont des phénomènes sur lesquels nous n’avons aucune emprise et nous ne pouvons dès lors pas faire grand-chose pour les influencer. Pour cette raison, il est indispensable que chaque entreprise du secteur agroalimentaire puisse anticiper le mieux possible les conséquences du changement climatique. Vous garantissez ainsi que le fonctionnement de votre entreprise n’est pas mis à mal.

Comment préparer votre entreprise au changement climatique ?

Quels sont les risques qui pèsent sur votre activité si les hivers froids prolongés et les longues périodes de sécheresse se succèdent ? Le développement d’un plan d’action permet d’éviter que le climat n’ait un impact trop important sur le fonctionnement de votre entreprise.

Une protection optimale de votre entreprise débute par une analyse de risque des activités et des processus critiques. Dès que vous avez un aperçu des différents risques, vous préparez un scénario alternatif pour chaque facteur de risque établi. Nous vous conseillons de vous référer à ces informations contenues dans votre Business Continuity Plan (BCP).

Vous ne devez pas non plus sous-estimer l’importance d’un plan de communication interne et externe. Étant donné qu’il est impossible de prévoir quand les conditions météorologiques redeviendront normales, communiquer par rapport à l’impact de celles-ci n’est pas une mince affaire. Un testcase peut vous aider à adopter une communication qui répond au mieux aux besoins des différentes parties impliquées : vos collaborateurs, vos actionnaires, vos fournisseurs, mais surtout vos clients.

Quelle solution (d’assurance) pourrait vous convenir ?

Une bonne préparation interne est primordiale pour assurer la continuité au sein de votre entreprise en période d’incertitude dont vous pouvez difficilement prévoir la durée. Êtes-vous également à la recherche d’un filet de sécurité financier pour l’activité de votre entreprise ? Dans ce cas, nous vous conseillons de souscrire une assurance climatique de qualité. Il existe deux solutions d’assurance différentes pour protéger votre entreprise contre les phénomènes climatiques spécifiques.

La première est l’assurance climatique étendue. Cette police intervient lorsque les cultures ont été partiellement ou totalement anéanties par un phénomène naturel. Il est question ici de conditions climatiques défavorables et extrêmes telles que le gel, la grêle, la glace, la tempête, le vent, des précipitations continues, la sécheresse, etc. À l’avenir, cette police deviendra encore plus importante depuis qu’il a été décidé que les agriculteurs ne pourront plus faire appel au Fonds des calamités (pour en savoir plus, nous vous invitons à lire l’article « Comment l’assurance climatique étendue remplace le Fonds des calamités ») à partir du 1er janvier 2020. Les dommages sont déterminés par un expert dans ce domaine pour ce type de police.

Il est également possible de souscrire une assurance paramétrique. Avec cette assurance, un déficit de production est assuré grâce à un indice (paramètre) préalablement déterminé. Une assurance de ce type peut offrir une solution spécifique à la perte financière liée à des précipitations abondantes, à une température trop élevée ou trop basse, à la rapidité du vent,… et est surtout intéressante pour les entreprises qui sont fortement dépendantes d’un ou de plusieurs de ces phénomènes climatiques comme le gel et la grêle par exemple pour le secteur des fruits. Mais l’indice retenu peut également être la sous-production en elle-même, sur la base de statistiques de production officielles. En plus de phénomènes climatiques, cette solution d’assurance très libre peut également couvrir les maladies et les fléaux très répandus. Un autre avantage de cette assurance est qu’elle se caractérise par une indemnisation rapide et objective.

Ronny Kamermans
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