Un nouveau risque à chaque décennie: de la cybercriminalité aux drones et aux voitures autonomes

Le monde industriel est en perpétuelle mutation. L'environnement dans lequel les entrepreneurs font des affaires évolue également en permanence. Ces évolutions génèrent de nouveaux risques, auxquels le monde des assurances doit répondre par des solutions adaptées. En remontant quelque peu dans le temps, on découvre rapidement qu’un nouveau type d’assurance a vu le jour à chaque nouvelle décennie (ou presque). Et cette tendance promet de se maintenir à l’avenir.

Un nouveau risque à chaque décennie: de la cybercriminalité aux drones et aux voitures autonomes

Dans les années 1980, il s’est avéré que les entreprises se développaient sous l’impulsion d’un contexte économique florissant, ce qui a entraîné d’énormes concentrations de capital. Toutefois, leur taille même leur a joué des tours lorsqu’elles essayèrent de se relever après un important incendie. Évidemment, elles étaient assurées contre les dégâts matériels subis. Mais c’était sans tenir compte du fait qu’il faut du temps pour construire de nouveaux bâtiments d’exploitation. Lorsqu’elles ont eu fini et qu’elles ont pu reprendre la production, leur ancienne clientèle était déjà partie voir ailleurs. La faillite n’a pas tardé.

La réaction de Vanbreda fut de lancer une assurance perte d’exploitation aux côtés de l’assurance incendie classique. Ce type d’assurance a d’abord fonctionné comme une assurance-vie pour les entreprises. Elle les aidait à surmonter la période qui suivait un incendie. Tous les entrepreneurs n’ont pas immédiatement compris sa plus-value, mais le temps a démontré que les entreprises qui y avaient souscrit ressortaient plus fortes de cette épreuve.

Dans les années 1990, ce fut la police responsabilité administrateur qui attira l’attention et suscita de vives critiques. Cette police permettait alors aux administrateurs de se protéger contre les conséquences d’erreurs de gestion. Les premières réactions furent toutefois peu enthousiastes. Les clients la virent comme une assurance sur mesure pour les grandes multinationales; ce n’était pas un produit d’assurance dont ils pouvaient bénéficier.

Mais au cours de cette même période, la législation fut profondément modifiée et les bases légales sur lesquelles un administrateur pouvait être tenu responsable furent de plus en plus nombreuses. En tant que leader sur le marché belge, Vanbreda a vu ce nouveau risque surgir. Aujourd’hui, cette police responsabilité administrateur est devenue une assurance standard qui a prouvé sa plus-value à maintes reprises.

La crise de la dioxine

C’est ensuite la crise de la dioxine, dans les années 2000, qui a démontré que la police classique pour la responsabilité produits était insuffisante pour une entreprise alimentaire. À l’époque, les pouvoirs publics sont venus en aide à ces entreprises et ont évité que le secteur alimentaire belge ne s’effondre. Il a néanmoins subi d’importants dommages.

Dans le monde des assurances, Vanbreda a réagi en lançant une assurance rappel et contamination. Les entreprises alimentaires pouvaient ainsi se prémunir contre les dommages financiers propres subis lorsque des produits devaient être rappelés. Dans les années qui suivirent, les crises alimentaires se succédèrent. Heureusement, les entreprises alimentaires pouvaient dorénavant se protéger contre les conséquences d’une contamination grâce à cette police. Cette dernière est devenue une assurance standard dans le secteur.

Deux fois plus de cyberassurances

Nous constatons aujourd’hui qu’une société sans cyberassurances est désormais impensable. En 2013, la cyberassurance était encore un produit flambant neuf sur le marché belge, mais depuis lors, le nombre de processus en ligne dans le monde des entreprises n’a cessé d’augmenter et les risques ne sont plus à démontrer.

La cyberassurance a définitivement percé en 2016. Mais l’année dernière encore, nous avons également constaté chez Vanbreda un nouveau doublement du nombre de cyberassurances souscrites par rapport à 2016.

La cybersécurité figure par ailleurs aussi parmi les priorités de l’Europe, comme en témoigne le RGPD: les entreprises qui ne se conforment pas à la nouvelle législation sur le respect de la vie privée encourent des amendes salées. Ces amendes administratives, mais aussi tous les frais liés à l’obligation de notification, sont aujourd’hui assurables dans le cadre d’une cyberassurance.

L’avenir est aux drones et aux voitures autonomes

Et que nous réserve l’avenir? Il y a de grandes chances pour que d’ici 2020, une assurance pour drones devienne une police standard. Les chiffres sur leur popularité croissante ne trompent pas. Aux États-Unis, on estime le nombre de drones utilisés à des fins commerciales ou professionnelles à 600 000. Aux Pays-Bas, ce chiffre est de 150 000, et notre pays n’échappe pas à cette tendance.

Même si les drones sont synonymes de nouvelles opportunités, ils occasionnent aussi inévitablement un nombre croissant d’accidents et de violations de la vie privée. Des couvertures pour les drones sont actuellement souvent ajoutées à la police responsabilité civile, mais il est déjà certain que des polices spéciales pour drones pourront bientôt être souscrites.

En nous projetant encore plus loin dans le futur, nous voyons se profiler vers 2030 les assurances pour la robotique et les voitures autonomes. Certains observateurs estiment que les véhicules autonomes conquerront le marché encore plus tôt. Et cela aura un impact énorme sur le monde des assurances: à partir du moment où l’ordinateur est aux commandes, ce n’est plus le conducteur qui est responsable d’un accident, mais bien le constructeur automobile.

Une chose est sûre: l’avenir entraînera suffisamment de changements pour maintenir le secteur des assurances sur la brèche. Pour notre part, nous continuons à suivre les tendances et à contribuer à la réflexion sur des solutions adaptées aux risques de demain.

Gerrit Mets
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