Cette directive devait être transposée dans la législation nationale au plus tard le 7 juin 2026. Mais comme vous le savez sans doute, la Belgique – de même que bien d’autres États membres – n’a pas pu respecter cette échéance.
À ce jour, il n’existe donc pas encore de législation belge de transposition pour le secteur privé.
Les partenaires sociaux et le Conseil national du Travail avaient engagé des négociations pour adapter des conventions collectives de travail existantes et inscrire les obligations européennes dans le cadre légal. Ils se sont cependant heurtés à diverses difficultés d’ordre juridique et pratique.
Le gouvernement fédéral a donc demandé, début juin, un report de six mois.
Bien que les nouvelles règles ne soient pas encore entrées en vigueur dans le secteur privé, le ton est donné : les employeurs devront mieux justifier leurs structures de rémunération en s’appuyant sur des critères objectifs et neutres en matière de genre. De nombreuses entreprises mettent cette période de transition à profit pour faire le point sur leur classification des fonctions, leur politique salariale et leurs procédures internes.
Fin 2025, le Centre for Excellence in Strategic Rewards de la Vlerick Business School – dont Vanbreda est fier d’être le partenaire – a mené une étude auprès de 36 de ses membres, sous la direction du prof. Dr Xavier Baeten, afin de faire le point sur la transparence salariale. Trois conclusions majeures en sont ressorties :
1. Après la phase de conscientisation, la mise en œuvre
Comment le montrent les résultats de l’étude, la plupart des organisations ont dépassé le stade de la prise de conscience et commencent à passer à l’action. Bon nombre d’entre elles ont déjà analysé l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, et lancé des projets portant sur l’évaluation des emplois, les structures de rémunération et l’architecture des fonctions. Toutefois, ces démarches ne progressent encore que modestement : en un an, seules 17 % des organisations font état d’avancées considérables, 39 % de progrès modestes et 8 % d’absence de progrès.
2. Trois grands défis subsistent
La mise en œuvre de la transparence des rémunérations soulève trois défis majeurs. Premièrement, l’absence de législation nationale définitive freine la prise de décision. Deuxièmement, les organisations se heurtent à des difficultés liées aux données et à la méthodologie : comment identifier des fonctions comparables, valoriser les avantages extralégaux ou encore calculer les écarts salariaux corrigés ? Troisièmement, les supérieurs hiérarchiques directs devront endosser une casquette plus importante, en tant que premiers interlocuteurs en matière de transparence des rémunérations.
3. Des choix prudents
Troisième constat interpellant : pour le moment, les organisations privilégient une transparence salariale mesurée plutôt qu’une transparence totale. Ainsi, 53 % d’entre elles seraient disposées à inclure dans leurs offres d’emploi une description générale et qualitative de leur politique salariale (par exemple, en précisant que la rémunération est conforme au marché). En revanche, seules 19 % se disent prêtes à publier une fourchette salariale concrète. Elles sont encore moins nombreuses à envisager de communiquer des informations plus précises : 14 % pour le point médian d’une bande de salaire et 13 % pour un salaire de référence. En outre, 66 % des organisations déclarent qu’elles ne publieraient une fourchette salariale que si elles y étaient contraintes légalement. La volonté de transparence en matière de rémunération diminue donc considérablement dès lors qu’il s’agit de communiquer des chiffres concrets.
La transparence des rémunérations ne doit pas se limiter à un exercice de mise en conformité. Elle offre une occasion unique de mener une réflexion stratégique sur la communication en matière de rémunération en général et d’avantages sociaux en particulier. Tout l’enjeu est de savoir quelles informations communiquer aux salariés pour qu’ils mesurent pleinement la valeur de leur package salarial et pour qu’ils aient le sentiment, à juste titre, d’être rémunérés équitablement.
En tant que spécialistes Employee Benefits, nous vous conseillons d’intégrer également vos plans de pension complémentaire à votre réflexion sur la transparence des rémunérations au sein de votre organisation !
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