Retour à l'aperçu
22 avril 2024

Revenu garanti : un juge estime que la limitation liée aux troubles psychiques dans l’assurance collective est discriminatoire

Les chiffres de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) indiquent que le nombre de Belges qui restent chez eux durant plus d’un an en raison d’un burn-out ou d’une dépression a augmenté de plus de 40 % en quatre ans.
Cette évolution est préoccupante. Il devient donc de plus en plus important pour les employeurs de souscrire une assurance revenu garanti pour couvrir l’incapacité de travail de leurs collaborateurs. Une récente décision judiciaire au sujet de la limitation liée aux troubles psychiques de cette assurance suscite une certaine agitation au sein du secteur des assurances. Nous vous expliquons le fonctionnement de cette assurance et l’impact du cas concret.

BSZF02174

Les chiffres de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) indiquent que le nombre de Belges qui restent chez eux durant plus d’un an en raison d’un burn-out ou d’une dépression a augmenté de plus de 40 % en quatre ans.
En 2021, 117 452 travailleurs, indépendants et chômeurs belges étaient concernés sur un total de 485 000 invalides. Une étude du groupe de services de ressources humaines Liantis indique que 69 % des indépendants interrogés ressentent régulièrement voire constamment du stress. Ce chiffre s’élève même à 89 % parmi les 18-30 ans.

La couverture revenu garanti

En principe, lorsque les travailleurs sont absents pour maladie, l’intégralité de leur rémunération leur est versée par leur employeur au cours du premier mois. Ils tombent ensuite à 60 % d’un salaire brut plafonné, payé par la sécurité sociale. C’est pourquoi les employeurs souscrivent bien souvent une assurance (collective) revenu garanti, afin que l’allocation atteigne maximum 80 % du revenu brut.

Il n’est pas rare que ces assurances revenu garanti prévoient une limitation de garantie pour les affections psychiques. En d’autres termes, si un travailleur est en incapacité de travail en raison d’une affection psychique, son allocation est limitée dans le temps (généralement, deux ans). Certains assureurs vont même jusqu’à exclure certaines affections psychiques de toute couverture.
Cette pratique courante dans le secteur des assurances a été tranchée, au cours des deux dernières années, dans le cadre d’un litige entre un assuré et son assureur, aussi bien par le tribunal du travail que par la cour du travail en appel.

Le dossier concret crée un important précédent

En 2016, un travailleur se retrouve en arrêt de travail en raison d’une dépression. La personne avait gardé des traumatismes de sa jeunesse difficile. Si elle a pu fonctionner dans un premier temps, elle s’est effondrée quelques années plus tard. Un examen psychiatrique a confirmé le diagnostic et l’expert a déclaré la personne en incapacité de travail à 100 %.

Le travailleur disposait d’une assurance revenu garanti via son employeur, mais après deux ans de maladie, plus rien ne lui a été payé par l’assureur. Le contrat d’assurance revenu garanti limitait, en effet, la garantie dans le temps en cas de troubles psychiques. Le travailleur n’était pas d’accord avec cette limitation et, dans l’arrêt du 13 décembre 2023, la cour du travail d’Anvers a décidé qu’une telle limitation de garantie applicable aux troubles psychiques, mais pas à d’autres maladies ou affections, était contraire à la loi antidiscrimination. La cour du travail a constaté que la distinction opérée par la police sur la base de l’état de santé psychique de ses assurés n’était pas justifiée et a déclaré nulle la limitation de garantie reprise dans les conditions générales. Ce faisant, la cour du travail a confirmé le jugement antérieur du tribunal du travail d’Anvers, division de Malines, du 11 janvier 2022.

L’impact sur le secteur des assurances

Cet arrêt pourrait bien avoir d’importantes conséquences pour le secteur des assurances.
Bien que les limitations de garantie pour les affections psychiques soient actuellement courantes dans les assurances revenu garanti et qu’il existe probablement des arguments statistiques, médicaux et scientifiques pouvant justifier une limitation dans le temps voire même une exclusion de certaines affections psychiques, la cour du travail d’Anvers a rejeté les arguments juridiques invoqués pour défendre une telle limitation de garantie. Opérer une distinction entre les affections psychiques et physiques dans une assurance revenu garanti est donc de plus en plus risqué à la lumière de la législation antidiscrimination.

Un groupe de travail a été créé au sein d’Assuralia, afin de permettre au secteur de se pencher sur la question.
Les assureurs devront tenir compte des arguments avancés dans l’arrêt pour examiner si les conditions actuelles doivent ou non être adaptées. Il n’est pas exclu que, dans un avenir proche, de nouvelles affaires soient portées devant la justice.

Mes­sages liés

JLPSF13142

Com­ment ren­for­cer la rési­lience men­tale au sein de votre organisation ?

Personnes
27.02.2026

À la machine à café ou lors des fêtes d’anniversaire, on parle souvent des aspects négatifs du travail : la charge élevée, les risques de burn-out et l’absentéisme croissant. Selon la professeure Dr Nele Jacobs, experte en santé mentale et PDG de Faresa, c’est tout sauf positif. Son message est clair : le travail est sain par essence et peut devenir une puissante source de résilience mentale, à condition que les organisations créent les conditions adéquates.

En savoir plus
En savoir plus sur Comment renforcer la résilience mentale au sein de votre organisation ?
JOSEF03187

Une réin­té­gra­tion plus rapide grâce à un pro­ces­sus adapté

Soins de santé
23.02.2026

Selon les derniers chiffres disponibles, notre pays compte un demi-million de personnes en incapacité de travail. Les assurances incapacité de travail incluant un accompagnement en matière de réinsertion sont de plus en plus courantes et efficaces. Jusqu’à sept collaborateurs en incapacité sur dix reprennent une activité après un trajet de réintégration, indique Bob Duys, General Manager Health Care chez Vanbreda Risk & Benefits.

En savoir plus
En savoir plus sur Une réintégration plus rapide grâce à un processus adapté
JLPSF28959

Aug­men­ta­tion du ticket modé­ra­teur pour les médi­ca­ments : quelles consé­quences pour les plans d’assurance ?

Personnes
16.12.2025

À partir de 2026, le gouvernement fédéral introduira un ticket modérateur minimum de 2 € pour tous les médicaments achetés en pharmacie. Le Conseil Général de l’INAMI décrit l’objectif de cette mesure comme suit : « Il s’agit d’une contribution solidaire qui sera utilisée pour réinvestir dans une meilleure protection sociale des patients. » Mais quelles en seront les implications concrètes pour les plans médicaux que vous proposez à vos employés ?

En savoir plus
En savoir plus sur Augmentation du ticket modérateur pour les médicaments : quelles conséquences pour les plans d’assurance ?
U7353792727 Photorealistic image family outdoors children playf 29fc6528 dc60 4e98 b814 f9002798509e

Finan­ce­ment d’un bien immo­bi­lier par le biais de votre pen­sion complémentaire

Personnes
15.12.2025

Vous souhaitez utiliser votre pension complémentaire pour financer un bien immobilier ? C’est possible par le biais d’une avance, d’une mise en gage ou de la reconstitution d’un crédit hypothécaire. Dans une note détaillée ci-dessous, nous expliquons ce que cela signifie pour l’imposition lors de la distribution.

En savoir plus
En savoir plus sur Financement d’un bien immobilier par le biais de votre pension complémentaire
CTA Image 2

Nous sui­vons de près les évo­lu­tions à ce sujet.

Vous avez des questions ou souhaitez plus d’informations ? Votre personne de contact habituelle au sein de Vanbreda Risk & Benefits se fera un plaisir de vous conseiller.